ROTH2 (anciennement Roth SA puis Roth Mions), à l’origine spécialisée dans la fabrication de réservoirs sous pression, fut créée dans sa forme actuelle en 1975 pour intégrer la technologie du fluotournage à chaud. Cette technologie est à la base de l’expertise originelle de ROTH2 dans la fabrication d’équipements tels que les corps d’accumulateurs hydropneumatiques, les bouteilles de plongée ainsi que d’autres applications industrielles. Le fluotournage consiste en la déformation de métaux, le fluage, entre un mandrin et une ou plusieurs molettes, entre lesquels la matière s’écoule. La sélection des molettes, disponibles en différents diamètres, profils, épaisseurs et matériau implique la taille de l’ébauche, le type de matériau, les rayons du produit et la finition de surface souhaitée :

La société propose une large gamme de produits (de 0.2L à 220L) fabriqués en petites ou grandes séries, et s’efforce d’offrir le meilleur service possible en termes de réactivité, customisation de la production, réponse aux besoins des clients et recherche des solutions les plus adaptées. Elle se situe donc en « intermédiaire » entre les producteurs et les consommateurs, offrant les solutions de stockage et s’affichant comme un acteur incontournable de la transition énergétique et du stockage de gaz sous pression.
Les activités de la société sont certifiées par l’ASME (American Society of Mechanical Engineers), National Board et différents bureaux de classification des activités maritimes (Bureau Veritas Marine, DNV-GL, ABS, RINA). Ces certifications constituent selon nous autant de barrières à l’entrée sur les marchés de la société, comme nous le verrons plus loin. L’activité est également encadrée par un système de management de la qualité certifié ISO 9001.
Tous les produits sont fabriqués à partir de tubes sans soudures en acier (typiquement fournis par TENARIS, TPCO ou TUBOS) en utilisant la technique du fluotournage et/ou du martelage, pour lesquelles l’expertise de la société est reconnue.
Cette expertise est le fruit du savoir-faire accumulé par les équipes de techniciens dans la forge, le traitement thermique, les essais hydrauliques, le sablage, la peinture, le contrôle…Au total, la société produit environ 20,000 unités (bouteilles et accumulateurs), avec un effectif de 50 salariés à Mions, France.
Corps d’accumulateurs et bouteilles de plongée :
Les activités de la société concernent, jusqu’à présent, deux marchés historiques : d’une part, le marché de loisir de la bouteille de plongée et, d’autre part, celui des corps d’accumulateurs hydropneumatiques.
Les corps d’accumulateur sont des réservoirs d’énergie et des composants essentiels des accumulateurs hydrauliques fabriqués par les clients de ROTH2. Un accumulateur hydraulique est un réservoir dans lequel un liquide incompressible est maintenu sous une pression exercée par une source mécanique extérieure. Cette source externe peut être un moteur, un ressort, un poids ou un gaz comprimé. Un accumulateur permet à un système hydraulique de gérer les pics de demande, de répondre plus rapidement à une demande temporaire et à réguler les flux. C’est une application de stockage d’énergie. Les accumulateurs de gaz comprimé, aussi dénommés accumulateurs hydropneumatiques sont de loin le type d’accumulateurs le plus répandu.
Chez ROTH2, une gamme de volumes (0,2L à 220L) et diamètres (57mm à 229mm voire plus selon la capacité) avec des pressions allant jusqu’à 1000 bars sont disponibles pour les corps d’accumulateurs, tous en conformité avec les standards européens, américains, internationaux et les standards spécifiques aux applications maritimes. Les tubes utilisés et traitements thermiques garantissent des températures d’utilisation de -60 à +350° C.

Ces accumulateurs sont utilisés dans une grande variété d’industries/applications, au nombre desquelles on peut citer les systèmes de freinage de l’Airbus A340, les systèmes de suspension de la Formule 1, les circuits de refroidissement sur les forages pétroliers, les presses hydrauliques, l’amortissement de pulsations…
Sur sa seconde activité, toutes les bouteilles de plongée de ROTH2, de 2.5 à 20L peuvent être customisées au besoin des revendeurs (accessoires, couleur, impression etc…). Deux lignes de produits sont disponibles en 230 et 300bar : air et nitrox. Les bouteilles ROTH2 bénéficient d’une excellente image et l’appellation ROTH est symbole de qualité, primordiale dans le milieu de la plongée.

Le processus industriel :
La fabrication de corps d’accumulateur et de bouteilles incluent les étapes suivantes :

Toutes ces étapes sont réalisées à l’usine de Mions, France, qui bénéficie d’une capacité totale d’environ 60,000 cylindres par an et en produit aujourd’hui quelque 20,000. La hausse de la production pourrait notamment être favorisée par le passage aux « 3/8 » (contre deux équipes aujourd’hui), l’automatisation de certains postes et le travail le week-end auquel la société n’a pas recours à ce jour. La localisation de l’usine est un avantage compétitif à l’heure où les donneurs d’ordre recherchent la proximité des fournisseurs pour assurer des délais de livraison rapides et des conditions économiques de transport maitrisées. En tant que société industrielle, ROTH2 est aussi en bonne position pour bénéficier des aides éventuelles des pouvoirs publics dans le contexte politique actuel dans la mesure où elle assure la conservation et le développement de l’emploi industriel national et local, outre celles destinées à la transition énergétique. ROTH2 bénéficie d’un bureau d’étude intégré, à même de proposer des solutions « sur mesure » et de fidéliser sa clientèle.
ROTH2 se concentre aujourd’hui sur les réservoirs de type I (500bar), le type le plus commun, généralement fabriqué en acier ainsi que, plus récemment, sur le type II (1000 bar) dédié au stockage fixe.

Les réservoirs de type I sont des réservoirs cylindriques en métal (aluminium, acier carbone, acier inoxydable ou titane).
Les réservoirs de type II sont constitués d’une enveloppe de métal renforcée par des fibres imprégnées de résine.
Ceux de type III sont renforcés par des doublures métalliques.
Les réservoirs de type IV sont en outre renforcés par une doublure polymère.
Enfin, les réservoirs de type V, sont plus efficaces et efficients que ceux du type IV, notamment sur leur résistance à une opération de tirage au vide (pour un nettoyage approfondi et une déshumidification optimale) ainsi qu’à des vitesses de vidange plus rapide. Le Type V n’a pas de liner plastique et son composite (plastique plus fibre de carbone) est recyclable, ce qui optimise sa masse en maintenant une extrême résistance à la très haute pression (320 bar et plus, capacité standard de 330 litres). Durée de vie garantie à vie contre l’effondrement. Leur commercialisation par ROTH2 est attendue pour 2026. L’application principale est le transport de gaz.
Les principales différences entre les quatre types de réservoirs en sont le coût et le poids. Les réservoirs de type I sont les plus lourds, mais les moins chers et ceux dont l’utilisation est la plus courante.
ROTH2 propose des racks de bouteilles, avec des pressions différentes at adaptées aux besoins client, pour répondre à la problématique de remplissage des véhicules à hydrogène :

Fixées sur un rack en acier, celles-ci nécessitent des solutions techniques complexes de raccordement, avec des pressions élevées (jusqu’à 1000bar) que ROTH2 maitrise parfaitement. A titre d’exemple, un « lot » de 4 racks (50 kg d’hydrogène) permet d’assurer le plein de 2 bus ou 8 véhicules légers par jour. Le seul marché du ravitaillement des « bus et cars » à hydrogène devrait connaitre une croissance de 45% par an (CAGR) d’ici 2030 selon « Monitor Intelligence ». L’intérêt de vendre en rack plutôt que les bouteilles nues est de multiplier par 2,5 le prix par rapport à la bouteille nue.
L’opportunité hydrogène :
Sur la base de ses savoir-faire, la société a développé sa gamme sur le marché prometteur des accumulateurs d’hydrogène. L’idée de départ étant que la société bénéficie des compétences nécessaires à l’élaboration et la fabrication de réservoirs à hydrogène, ROTH2 compte profiter du fort développement attendu de la consommation de ce gaz, qui se fonde évidemment sur la transition énergétique et la possibilité de produire de l’énergie à faible (voire sans) empreinte carbone :

Applications courantes actuelles de l’hydrogène :
L’hydrogène est déjà utilisé dans un certain nombre d’industries (pétrolières et chimiques en particulier) en raison de ses propriétés pour le raffinage du pétrole (désulfuration), la production d’ammoniaque (hydrogénation du diazote), de méthanol ou la production d’acier (réduction directe). D’autres applications sont l’utilisation pour d’autres productions chimiques, pour la synthèse de matières plastiques, pour certains processus de l’industrie du verre et pour la fabrication de circuits imprimés électroniques. Dans le monde, près de 90 Mt d’hydrogène sont consommées par an, selon la répartition par destinations suivante :

Des développements prometteurs :
Dans le cadre de la transition énergétique, le développement de l’utilisation de l’hydrogène sera spectaculaire, en ce qu’il garantit une production d’énergie non émettrice de CO2, pour peu qu’il soit en amont produit par une électricité verte ou bien « découvert » comme l’hydrogène blanc. Sur la base de ce constat, tous les intermédiaires s’attendent à une forte hausse de la production et de l’utilisation d’hydrogène, et ce pour de multiples applications : transport routier, par l’utilisation de piles à combustible pour une industrie particulièrement difficile à « décarboner », transports aériens et maritimes, bâtiments, industries énergétiquement intensives, production d’énergie…
Au final, le poids de l’hydrogène dans le mix énergétique est appelé à se développer pour atteindre, selon la Commission Européenne, environ 15% du total d’ici à 2050 :

De nombreux plans gouvernementaux, en Europe et dans le monde, ont d’ores et déjà été annoncés pour soutenir cette transition énergétique. Pour n’évoquer que les plus récents, citons un volet de €9bn dédié à la filière hydrogène en France d’ici 2030 (soutien à la recherche et à l’innovation, émergence d’une filière française de l’électrolyse…), le plan allemand (€9bn) destiné à produire 5GW d’hydrogène vert d’ici 2030 et 10GW d’ici 2040 ou encore l’objectif espagnol de développement de la flotte de véhicules électriques à pile à combustible (coût estimé €9bn, source France Hydrogène). Au total, 18 pays représentant 70% du PIB mondial ont annoncé des plans similaires selon le « Hydrogen Council », alors que 66 pays ont un objectif zéro carbone à horizon 2050, ce qui donne une idée des forts facteurs de soutien à l’usage de l’hydrogène et de son utilisation croissante dans de nombreux secteurs industriels.
Dans ce contexte, la production mondiale d’hydrogène et de ses dérivés à des fins énergétiques devrait passer de proche de 0 en 2024 à 250 millions de tonnes d’hydrogène par an à l’horizon 2050 dont un tiers d’électrolyse à partir d’électricité d’unités de production renouvelable dédiées, un peu moins d’un tiers d’électrolyse à partir du réseau et à peu près autant de production à partir d’énergie fossile avec capture des stockages de CO2 comme le montre le graphe ci-dessous :

Source : Hydrogen Council, McKinsey
On voit bien dans ces prospectives que les diversifications entamées par ROTH2 ont un formidable potentiel de croissance à long terme au niveau de l’hydrogène.
Les marchés de destination de l’hydrogène et son adoption grandissante conduiraient selon l’Hydrogen Council à une explosion de la consommation d’ici le milieu du siècle, particulièrement dans les secteurs des transports, de la production d’énergie et du secteur industriel :

C’est précisément vers le secteur des transports et des applications industrielles que s’orientera l’offre de ROTH2 dans le domaine de l’hydrogène.
Les marchés de la mobilité :
Comme nous le verrons plus loin, les marchés visés par ROTH2 sont le transport de tous les gaz pour les industriels tels que LINDE, Air Liquide d’ores et déjà adressé par les réservoirs de type 4 entre autres , mais aussi ceux de la mobilité (par exemple tanks et réservoirs équipant typiquement des camions).
Ces marchés sont appelés à se développer considérablement, considérant que le secteur des transports est l’un des plus polluants en termes d’émission de gaz à effet de serre (20% du total au niveau mondial selon l’IEA). C’est donc l’un des principaux secteurs où le développement de l’utilisation de l’hydrogène sera favorisé, avec des économies potentielles très substantielles en termes d’émissions :

Les mêmes sources avancent que 10 à 15 millions de véhicules fonctionneront d’ici 2030 à l’hydrogène, représentant 1 véhicule sur 12 dans des pays comme l’Allemagne ou la Corée du Sud et que ce même chiffre atteindra les 400 millions en 2050 (véhicules particuliers) auxquels s’adjoindront 5 millions de camions et 15 millions de bus. Par type de moyens de transport, le « Hydrogen Council » estime les dates suivantes de compétitivité de l’utilisation de l’hydrogène comme carburant :

Au niveau mondial, il faudrait environ 15,000 stations d’ici 2030 ou 2040 (contre environ 500 aujourd’hui) pour servir la dizaine de millions de véhicules concernés, ce qui donne un assez bon aperçu du rythme nécessaire de développement des infrastructures associées à l’économie de l’hydrogène. Les infrastructures déjà annoncées sont au nombre de 5,000 environ globalement d’ici 2030, soit dix fois l’existant et le tiers des besoins estimés à cette époque :

C’est précisément sur ce marché que ROTH2 entend développer son offre de réservoirs à hydrogène (installations au sol) dont la croissance devrait en toute logique suivre celle des stations de recharge :

Source : Seiya Consulting
Dans un moment où l’Europe prend conscience de la nécessité impérative d’avoir une autonomie stratégique, il apparait de plus en plus dangereux de remplacer une dépendance aux hydrocarbures russes par une dépendance aux terres rares et aux batteries chinoises. Dans ce cadre, les solutions de mobilité hydrogène correspondent à la fois aux objectifs d’autonomie des véhicules et d’indépendance énergétique de l’Europe, notamment pour un pays comme la France qui peut utiliser son excédent d’électricité nucléaire pour produire de l’hydrogène décarbonée, en pratique avec de l’énergie de nuit ou le week-end, alors que les centrales nucléaires tournent à vide. Dans ce cadre, l’Europe a prévu de passer de moins de 350 stations hydrogènes à fin 2024 à plus de 5000 à l’horizon 2030, ce qui implique la nécessité de passer de 50 nouvelles stations hydrogène par an à plus de 800 stations hydrogènes par an en fin de période.

L’offre de ROTH2
L’hydrogène est un gaz particulièrement léger : un litre ne pèse que 90 mg à pression atmosphérique, il est donc environ 11 fois plus léger que l’air ambiant. Il faut un volume d’environ 11 m3 pour seulement stocker 1 kg d’hydrogène. Il est donc indispensable d’augmenter sa densité et plusieurs techniques existent pour cela :
• le stockage à haute pression sous forme gazeuse
• le stockage à très basse température sous forme liquide
• le stockage à base d’hydrures sous forme solide
Pour des raisons de « maturité » technique, les industriels se concentrent sur le stockage à haute pression sous forme gazeuse, qui a aussi l’avantage d’une charge/décharge rapide. C’est là que ROTH2 intervient, en offrant des solutions de stockage (notamment pour les stations ou installations d’une certaine taille) où les réservoirs de type I sont particulièrement indiqué (prix plus faible et moindre importance du poids).

Sur la base son savoir-faire technique, ROTH2 entend adresser le marché des accumulateurs à hydrogène, comme une activité complémentaire dans un premier temps, mais dont les taux de croissance escomptés doivent la conduire à devenir majoritaire à court et moyen terme (voir la section « Mécanismes de profit »). Les bouteilles seront vendues sous forme de racks personnalisés, qui regroupent chacun plusieurs bouteilles, permettant d’atteindre les volumes souhaités.

Une gamme diversifiée ciblant 4 secteurs et des clients prestigieux
Le transport de nombreux gaz en type V afin de remplacer les type IV, plus fragiles et moins faciles à entretenir.
Les réservoirs de type V, plus léger et plus solides que le type IV résistent à une mise au vide contrairement au type IV dont le liner s’effondre. Le Type V est monolithiques ce qui réduit très fortement le poids en maintenant une résistance extrêmement forte à la pression (320 bar et plus, capacité standard de 330L). Durée de vie garantie à vie contre l’effondrement. Leur commercialisation par ROTH2 est attendue en 2026.
Le stockage pour les stations-services fixes. La société présente des réservoirs et des solutions packagées pour le stockage de l’hydrogène dont ses principaux clients sont :

Le stockage pour l’industrie avec des réservoirs de fluide sous haute pression sont les principaux clients sont :

Le stockage pour l’énergie avec des réservoirs de fluides pour haute pression dont les principaux clients sont :

L’environnement concurrentiel
Selon son management, ROTH2 compte essentiellement un concurrent sur les réservoirs de type 1 en Europe : le Tchèque Vitkovice. Sur le segment de la plongée, la société doit aussi compter avec Faber, moins présents sur certains autres segments de type 1 bien qu’il y soit aussi actif. Il est à noter que ROTH2 bénéficie d’accords industriels et commerciaux pour la distribution exclusive de certains produits de Vitkovice (par exemple pour des pressions jusqu’à 1000 bars) sur l’Europe de l’Ouest, l’orientation « naturelle » de ce dernier étant davantage tournée vers l’Est. Vitkovice réalise un chiffre d’affaires supérieur à €200m et revendique la place de numéro un mondial. Il est présent à la fois sur le segment des corps d’accumulateurs mais aussi sur les extincteurs, les équipements à destination des industries alimentaires et médicales, ou les bouteilles de plongée. D’autres concurrents existent sur les réservoirs de type I (tels les anglais Chesterfield SC et Worthington ou l’Américain Luxfer), mais le management de ROTH2 les considère moins présents sur les marchés qu’il vise, à savoir l’Europe et les réservoirs de type I et II. Notons, par prudence, que rien n’indique que ces groupes n’auront pas les mêmes visées que ROTH2 sur les marchés prometteurs liés au développement de l’hydrogène, ainsi que nombre d’entre eux l’évoquent dans leur communication externe (Faber, Chesterfield). En tout état de cause, les débouchés liés au développement de l’utilisation de l’hydrogène comme source d’énergie laisse selon nous la place à de multiples intervenants, si bien que la croissance potentielle du marché total est la principale des variables bien plus que des parts de marché encore difficiles à évaluer. Néanmoins, on peut noter que les acteurs actuels sur les réservoirs de type I à V bénéficieront de barrières à l’entrée significatives à l’avenir, en termes d’expérience, de savoir-faire et des certifications qu’ils ont obtenues au fil du temps (Notons que par exemple il a fallu à ROTH2 plus de deux ans pour obtenir la certification type II malgré leurs fortes relations historiques avec l’organisme certificateur). C’est bien sûr le cas de ROTH2 qui peut se prévaloir d’un long historique dans le secteur (bureau d’étude, maitrise du fluotournage, main d’œuvre qualifiée, capacité à produire de petites et grandes quantités tout en maitrisant les coûts…)

La révolution du type V
Pour le transport de gaz haute pression dans un cadre de mobilité, la technologie actuellement utilisée est de type IV, mais celui-ci présente de nombreux inconvénients. Outre son coût élevé, le type IV présente les faiblesses techniques suivantes :
Compte tenu du liner à l’intérieur du container, il faut maintenir une pression d’au moins 20 bars constamment, sinon le container s’effondre et la bouteille est à rebuter.
Le container ne peut pas être utilisé pour un autre gaz car il faudrait le vider entièrement, ce qui l’abimerait ;
Il y a un risque de porosité et donc de fuite ;
Il n’est pas recyclable.
C’est dans ce cadre que la société COVESS en partenariat avec Air Liquide a développé une technologie de type V pour résoudre les faiblesses du type IV. Cette technologie présente des solutions qui changent la donne par rapport aux solutions de stockage conventionnelles :
Plus léger et plus solide : en effet, il n’y a pas de revêtement métallique, ce qui réduit très fortement le poids en maintenant une résistance extrêmement forte à la pression.
Une rentabilité plus importante : les coûts de production sont considérablement réduits, ce qui va favoriser l’adoption par le marché.
La possibilité d’utiliser à 100 % le réservoir : dans le cas du type IV, il faut éviter de le vider totalement sous peine que le réservoir soit abimé, alors que dans le type V, le réservoir peut être totalement vidé, ce qui augmente à taille égale l’autonomie donnée par le réservoir.
Possibilité d’utiliser avec différents gaz : comme le container peut être totalement vidé, on peut l’utiliser pour différents gaz.
100 % recyclable : dans un monde où les matières premières vont constituer à terme un goulot d’étranglement compte tenu de l’augmentation de la demande liée aux nouvelles technologies, à la transition verte et à l’augmentation des budgets d’armement, le fait que les réservoirs de type V soient entièrement recyclables est un élément également très favorable pour l’indépendance européenne et les objectifs de développement durable.
Sur la base de ces éléments, le type V devrait révolutionner le stockage embarqué. D’autant plus qu’’il pourra offrir une durée de vie garantie à vie contre l’effondrement.

ROTH2 a obtenu la licence européenne exclusive pour les réservoirs sous pression composite de type V développés par COVESS en collaboration avec Air Liquide.
Cette licence exclusive constitue un levier de développement considérable pour ROTH2. En effet, les principaux industriels du secteur comme Air Liquide ou Linde ont des besoins extrêmement importants qui ne sont pas aujourd’hui correctement couverts par le type IV. A titre indicatif, Air Liquide et ses partenaires ont besoin à terme de remplacer leur parc de containers qui est actuellement de 20 millions d’unités. Ceci représente un marché potentiel énorme qui pourrait rapidement représenter plus de 500 000 unités par an rien que pour Air Liquide et ses partenaires. Sur la base d’un prix de 5000 € par bouteille, cela représenterait un marché potentiel à terme de €2,5bn par an.
Air Liquide n’aura pas besoin d’être convaincu par la technologie puisqu’il a participé au cahier des charges et au développement de cette technologie.
Au-delà de l’importance considérable du marché potentiel du type V pour lequel ROTH2 a l’exclusivité européenne, le retour sur investissement sera très significatif et très rapide.
Les machines nécessaires au développement de ROTH2 font l’objet d’un contrat de licence et de fourniture par COVESS desdites machines moyennant un paiement de €50K mensuels pour la licence et €50K mensuels par machine ainsi que de royalties à partir du début de la production et jusqu’à ce que le montant total de la licence (€1.5m) ait été payé. ROTH2 bénéficie donc de besoins limités en CAPEX pour la montée en puissance de son activité. L’objectif est d’atteindre 10 machines dans les 4 prochaines années.
Les corps d’obus : un relai de croissance potentiel important
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la nécessité de produire des obus en Europe est apparu de plus en plus déterminante : d’une part pour soutenir l’Ukraine et d’autre part pour récupérer une certaine autonomie stratégique. Ce sentiment de nécessité d’indépendance a été renforcé par l’attitude du Président Trump qui a fait comprendre aux Européens que les Etats-Unis n’étaient pas nécessairement un partenaire fiable à moyen terme. Dans ce cadre, la technologie de ROTH2 qu’elle est la seule à détenir en Europe avec Faber lui permet de faire des corps d’obus. C’est dans ce cadre que la société a été contactée par des acteurs du secteur de la défense. Même si pour le moment aucun contrat n’a été signé, les nouvelles perspectives d’augmentation des budgets militaires dans toute l’Europe et le plan allemand de €500bn devraient permettre à la société d’obtenir des commandes significatives. Compte tenu de l’utilisation à moins de 50 % actuellement de l’outil de production, cela permettrait de rentabiliser celui-ci de façon très significative. L’intérêt également de ce type de commande est que pour ROTH2 c’est une production très simple, avec un seul coté à fermer et beaucoup moins de traitement de résistance. De ce fait, même si la valeur unitaire n’est pas très élevés, la marge brute devrait être très satisfaisante. A moyen terme, cette activité corps d’obus pourrait représenter entre €5m et €10m par an.
Road Map de développement
Au niveau de l’hydrogène et des différents gaz sous pression, vous trouverez ci-dessous la road map de développement commercial et industriel de ROTH2. En mai 2024, après deux ans de démarches, ROTH2 a eu l’agrément pour le type II et va monter fortement en puissance sur cette gamme de produits dont le prix de vente est en moyenne 2.5 fois plus élevé que le type I. Globalement, la stratégie de ROTH2 est de monter la valeur unitaire des prix de vente qui permet une forte augmentation du chiffre d’affaires avec l’outil historique de ROTH2. L’essentiel des « investissements » (sous licence) se fera dans le type V pour passer dans notre scénario prudent à 8 machines en 2028.
