Nos prévisions s’appuient sur les discussions que nous avons pu avoir avec le management de ROTH2, particulièrement s’agissant des nouveaux domaines d’activité de la société (hydrogène, gaz naturel, négoce, armement). Pour ce qui concerne les activités historiques (corps d’accumulateurs et bouteilles de plongée), les hypothèses tablent une relative stabilité tant en prix qu’en volumes s’agissant d’activités par définition plus matures. Il est à noter que le principal client historique du groupe (Parker Hannifin, ticker PH) a vu sa contribution au total de l’activité fortement diluée du fait du développement des segments hydrogène et gaz naturel (de c. 35% en 2020 à moins de 5% en 2025), réduisant ainsi le risque pour ROTH2.
Ces prévisions courent de 2025 à 2028 (clôturé en mars 2029), pour des raisons de visibilité plus faible au-delà de cette date, et parce que l’entreprise aura alors atteint une « vitesse de croisière » sur ses nouvelles activités. Compte tenu de l’essor des marchés sur lesquelles la société est et sera présente, comme de sa taille relativement modeste, cela ne signifie pas qu’elle ne sera pas capable d’atteindre des taux de croissance significatifs au-delà de cet horizon, que nous avons néanmoins choisi de limiter par prudence à 15%. Au final, selon ces hypothèses, la société commercialiserait environ 20,000 cylindres à horizon 2028 ;
La montée en puissance des activités de ROTH2 s’appuiera notamment sur des investissements significatifs, surtout dans la période 2025-28 (c. €10m prévus d’ici fin 2028) destinés à rénover, développer et calibrer l’outil industriel aux nouvelles productions et à la poursuite des métiers historiques. Ces investissements incluent environ €3m en investissements incorporels (R&D) soit c. €0.9m annuellement sur cette même période.
Pour ce qui concerne les marges, nous avons choisi de rester prudents, considérant que la société conservera ses niveaux actuels de marge brute par produit, et que les taux de marge pour les nouvelles activités seront proches de celles atteintes sur les métiers historiques. C’est ainsi que les taux de marge brute s’établiront entre 50% (métiers historiques des corps d’accumulateurs) et 60% pour les « nouveaux métiers » (gaz naturel et hydrogène).
L’objectif de la société est de pouvoir fournir à court terme des solutions pour les intégrateurs, dont notamment les racks personnalisés, de créer des projets innovants (e.g. stations de charge mobile pour drones), développer des solutions transportables pour la logistique du gaz (bouteilles de type II, racks en conteneurs…), calculer et optimiser la performance des solutions de stockage…Ces objectifs conduiront à une production à plus forte valeur ajoutée, permettant à la société de dégager des résultats plus importants à partir d’un outil de production « similaire », même si des investissements seront tout de même nécessaires (voir ci-dessous).
Il est à noter que la société ne paiera pas d’impôts avant FY27, puisque les résultats resteront limités et qu’elle bénéficie de déficits reportables.
Les besoins de financement de l’activité courante, c’est-à-dire le besoin en fonds de roulement, est considéré proportionnelle à l’activité, ce qui est certainement une vision prudente puisqu’on peut considérer que le pouvoir de négociation de ROTH2 avec ses clients et fournisseurs devrait progresser à mesure que l’activité se développe.
Au final, nos prévisions conduisent à la commercialisation, à horizon 2028, de c. 25,000 cylindres, toutes catégories confondues, pour lesquelles la société devrait réaliser une marge brute moyenne de 60%, conduisant à un résultat d’exploitation de c. €9m.
Facteurs de risque
S’agissant de nouveaux marchés pour ROTH2, un certain nombre de risques nous paraissent devoir être soulignés, et ce de façon non exhaustive :
- Les marchés sur lesquels la société se propose d’intervenir sont des marchés émergents, dont rien ne démontre de façon indiscutable qu’ils croîtront aussi rapidement ou aussi fortement qu’escompté. La contrainte de temps notamment pourrait décaler les objectifs de la société.
- La société est nouvelle (et non encore significativement active) sur les marchés de l’hydrogène, ne bénéficiant que partiellement de sa réputation sur ses marchés historiques.
- La société n’est à ce jour présente que sur les réservoirs de type I, a priori les plus adaptés au stockage en station (stockage au sol), mais son offre est, de fait, limitée.
- Une baisse importante et durable du prix des énergies fossiles pourrait réduire le rythme de développement de « l’écosystème-hydrogène ». Ce qui, il est vrai depuis la guerre en Iran, devient bien moins probable ….
- Les risques liés à l’évolution des politiques publiques relatives au développement de l’usage de l’hydrogène peuvent peser sur la croissance future de ROTH2. ». Ce qui, il est vrai depuis la guerre en Iran, devient bien moins politiquement tenable ….
- La capacité de la société à retenir le personnel qualifié indispensable à la poursuite et au développement de ses activités est difficile à apprécier. ». Ce qui, il est vrai avec l’arrivée de la robotisation des réservoirs de type 5, devient bien moins prépondérant que sur le type1 forgés ….
- Le groupe pourrait rencontrer des difficultés à gérer la forte croissance attendue des activités, d’un point de vue financier, industriel, technologique ou humain, notamment.
- Des solutions concurrentes plus performantes et/ou plus rentables que les bouteilles de stockage de l’hydrogène pourraient apparaître.
- Les risques concernant la sécurité des solutions de stockage ROTH2 et la réglementation y afférant pourrait peser sur les activités.
- Les risques liés à l’évolution de l’environnement concurrentiel, pour une société dont la taille est encore modeste et le demeurera à court terme, ne sauraient être négligés.
- Les risques liés aux approvisionnements de la société. Ces risques demeurent limités compte tenu de la nature des achats externes de ROTH2 mais ne peuvent être ignorés.
- Les risques liés au financement de l’activité. Dans l’hypothèse où l’un ou plusieurs des risques décrits ici se matérialiserait, la société pourrait être conduite à faire appel à des financements externes dont l’obtention n’est pas garantie.