Le modèle économique du groupe repose sur la commercialisation de Zeneo, un dispositif d’injection sans aiguille capable d’administrer diverses entités thérapeutiques. Les coûts de fabrication sont faibles, de l’ordre de 10 € par unité, au regard de la valeur de marché du produit final, intégrant le dispositif et son contenu. En conséquence, le potentiel de création de valeur est significatif dès l’entrée sur le marché de Zeneo, attendue en exercice 2026, avec des perspectives de rentabilité élevées. D’ici là, le financement demeure un enjeu central, susceptible d’être assuré via les marchés financiers, la dette bancaire, des accords de licence, ainsi que des dispositifs d’aides publiques en France et aux États-Unis. À terme, Crossject ambitionne de se positionner comme un fournisseur industriel de ces dispositifs, en créant de la valeur par la production de masse de Zeneo selon des standards élevés de qualité et de fiabilité.
- Hypothèses prudentes
Nos hypothèses s’appuient sur les lancements des NTE actuellement en développement par le groupe. Pour les autres spécialités, des études cliniques sont prévues sur la période 2025-2027, avec des autorisations réglementaires et des lancements commerciaux attendus dès 2026, notamment pour le Midazolam (« Zepizure »). Nous retenons une commercialisation via des accords de partenariat, permettant à Crossject de percevoir des paiements initiaux (upfront) et des redevances (royalties), lesquels contribueront partiellement au financement des études cliniques. Nous estimons le chiffre d’affaires revenant à Crossject à 40 % du prix d’achat payé par l’utilisateur final, le solde correspondant aux marges des distributeurs/grossistes couvrant la logistique et le marketing. Nous appliquons également un facteur de risque, compris entre 10 % et 50 % selon les produits, niveau cohérent compte tenu d’un processus d’enregistrement plus léger et plus rapide que celui d’une nouvelle molécule. Pour les NTE, le calendrier est plus proche de trois ans, selon le produit et la zone géographique, et ne devrait pas excéder cinq ans. L’efficacité des molécules étant déjà démontrée, les dossiers NTE requièrent principalement des études de bioéquivalence, ce qui réduit fortement les coûts (3 à 4 M€ contre environ 200 M€ pour une nouvelle entité chimique) et accélère l’accès au marché. Les procédures de dépôt (FDA et EMA) porteront essentiellement sur la fiabilité du produit et les résultats de bioéquivalence.
Nos prévisions ne présentent pas de caractère excessivement agressif.
Nos estimations reposent sur les hypothèses du groupe relatives aux volumes vendus (dispositifs Zeneo) et à leur montée en puissance entre le lancement commercial et la maturité pour chaque sous-marché (chaque NTE), pondérées par une probabilité reflétant le risque de difficultés d’approbation et les enjeux de recherche de partenaires adaptés. Bien qu’il soit difficile d’anticiper la part de marché de Crossject dans chaque sous-marché, le groupe vise des niveaux raisonnables (10 à 20 %, sauf pour l’Hydrocortisone, avec un objectif de 30 % sur un marché de taille limitée). Par prudence, nous considérons que ces objectifs ne seraient atteints qu’à partir de 2030, soit environ 3 à 5 ans après le lancement, selon la NTE.
À titre d’illustration, nous supposons un lancement de l’Adrénaline en 2027, avec une probabilité de 60 %, et des ventes de 2 millions de doses par an dès 2029, à un prix « in-market » de 40 € en Europe et de 100 $ aux États-Unis. Cela correspond à un chiffre d’affaires théorique de 160 M€ en 2029 aux prix utilisateur final, ou de 112 M€ après prise en compte de la probabilité de 70 % attribuée à cette NTE. Toutefois, d’un point de vue comptable, Crossject ne percevrait qu’environ 45 % de ce montant, le chiffre d’affaires total étant enregistré dans les comptes de son partenaire.
Enfin, la société sera fortement exposée au dollar américain, les volumes devant être significatifs aux États-Unis et les prix y étant sensiblement plus élevés, parfois 5 à 6 fois supérieurs à ceux pratiqués dans l’Union européenne. Cette exposition affectera à la fois le risque de conversion (parité $/€) et le risque de transaction (coûts majoritairement libellés en euros).